La guerre olympique de Pierre Pelot

Synopsis : 

Comment concilier la paix mondiale, le chauvinisme, le contrôle de la démographie, la lutte contre la délinquance et l’amour du sport ? C’est simple… Tous les deux ans sera déclarée la guerre olympique. Des épreuves mortelles où tous les coups sont permis. Pénalité des vaincus ? Dix millions de morts dans leur camp, choisi parmi des déviants dont le cerveau est piégé à l’aide d’une mini-bombe. Quelle belle invention ! Pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?

Mon avis :

Au début du roman, j’ai eu un peu peur qu’il ne s’agisse que de la succession de descriptions de combats sanglants… fort heureusement, il ne s’agit en fait que du premier chapitre, mais les pages s’enchaînent avec un tel acharnement que cela a suffit à me faire éprouver une vraie sensation de malaise… le combat est décrit d’une façon tellement précise et proche des athlètes, que l’on a hâte que tout s’arrête très vite.

Nous sommes donc en 2222. Le monde entier vit enfin en paix, tous les peuples semblent s’accepter et vivre en harmonie, tout du moins c’est ce que les gouvernements laissent transparaître. Mais pour que cette paix soit perpétuelle entre les pays du camp BLANC, les capitalistes, et les pays du camp ROUGE, les socialo-communistes, un évènement majeur a lieu tous les deux ans. Il s’agit de la guerre olympique. Et lorsque je lis ça, je me dis que l’auteur est sacrément « culotté » d’avoir osé faire un livre avec deux notions antagonistes dont la portée est aussi profonde en ce qui concerne l’humanité…

Nous assistons à la douzième guerre olympique. D’anciens membres des forces de l’ordre de chaque état, reconvertis en sportifs suite à l’instauration de la paix mondiale, vont s’y affronter dans de multiples épreuves, pour la plupart organisées en duel, dont la finalité est simplé : un seul vainqueur possible dans chaque épreuve.

En parallèle, les pays désignent chaque année des condamnés (l’idée des condamnés-coupables et des condamnés-innocents n’est pas sans rappeler la seconde guerre mondiale…) susceptibles d’être sacrifiés lors de la guerre olympique. Le principe est simple : dès qu’un sportif d’un camp perd une épreuve , la sentence est sans appel, des milliers de condamnés sont supprimés au hasard (pas tant au hasard que ça, car ils semblent être classés selon un ordre de gravité de leur « crime »!) à l’aide d’une micro-bombe à retardement implantée dans leur cerveau… Le paradoxe est poussé à l’extrême dans ce livre, la micro-bombe étant nommée l’ange-gardien! (bah oui, elle rappelle à l’ordre le condamné dès lors qu’il se rebelle, en lui envoyant une décharge électrique, le tout pour son bien et lui permettre de vivre en restant dans le droit chemin…). Autant dire donc que pour vivre en paix, les gouvernements y mettent les moyens, disons, radicaux… Cela ne fait qu’amplifier le sentiment de puissance indestructible que dégage le gouvernement et ne fait qu’amplifier la sensation de dictature déguisée en paix mondiale, alors que la domination et l’emprise des états sur leurs citoyens n’a jamais été aussi virulente…

Lorsque l’ensemble des épreuves ont été disputées, reste la plus prestigieuse d’entre elles : le Grand Parcours, qui réunit l’ensemble des gagnants des épreuves précédentes. Le gagnant de cette épreuve, lorsqu’il sera allé littéralement au bout de ses forces et qu’il aura réussi à braver toutes les embûches du parcours, dont des tentatives de meurtre (pour de l’olympisme, on repassera…), permettra aux condamnés restants dans son camp d’être grâciés. Quant à l’autre camp, le sort est terrible : après avoir espéré s’en sortir en étant passé entre les mailles du filet à chaque épreuve, l’ensemble des condamnés ont un avenir bien plus sombre… Cette pression éprouvée par les condamnés tout au long de la Guerre Olympique, l’auteur réussit à nous la faire ressentir tout au long du livre en nous faisant suivre le quotidien de deux condamnés, un dans chaque camp, et en recentrant l’histoire sur eux à chaque victoire ou défaite de l’un des deux camps dans chacune des épreuves, si bien qu’on a l’impression d’avoir soi-même l’épée de Damoclès sur la tête

J’ai vraiment trouvé audacieux de la part de l’auteur de nous proposer un monde où le sport est pratiqué par des athlètes bodybuildés, surdopés, ayant leur dopeur attitré, et n’ayant pas la faculté de penser à autre chose qu’à leur victoire coûte que coûte, à la vie, à la mort… tous ces attributs totalement incompatibles avec l’esprit olympique que nous connaissons. J’ai vraiment été abasourdi par les capacités intellectuelles réduites de Pietro, le sportif phare du livre : une véritable machine à tuer puis à gagner, jusqu’à ce qu’il soit tué lui-même, qui sait, et qui ne pense à rien d’autre qu’à la victoire, coûte que coûte… Ce personnage m’a fait de la peine, j’éprouvais un peu de pitié pour lui…

Les passages sur les condamnés doutant de leur sort tout au long de la Guerre Olympique étaient vraiment intenses, ce que j’ai beaucoup apprécié, car on en apprenait beaucoup sur la main mise des gouvernements sur leurs sujets mais aussi sur les réactions qu’on peut avoir lorsqu’on se sait condamné et que la mort est plus proche que jamais…

Deux autres personnages ont enfin retenu mon attention : Virginia, la petite amie de Pietro, et Slim, la journaliste qui suit Yanni Boy (condamné du camp blanc) durant la guerre olympique. Malgré tout leur intérêt, le fait qu’un trop grand mystère reste à propos de ces deux personnages clés, qui auraient mérité d’être plus développés, ont fait que ce livre n’a pas été un coup de coeur, malgré une idée de départ très intéressante et un ensemble bien ficelé et effrayant. Cela aurait en effet pu, selon moi, apporter une consistance et une profondeur à la hauteur des sujets évoqués et développés.

Une bonne lecture donc, avec de très bonnes idées, qui m’a beaucoup fait réfléchir sur l’espèce humaine et sur la façon dont nous pouvons être manipulés, mais qui m’a cependant laissé sur ma faim

Merci à Livraddict et Folio SF pour ce partenariat, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu ce style de livre.

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Un commentaire pour La guerre olympique de Pierre Pelot

  1. BlackWolf dit :

    J’avoue que ce livre au début me tentait pas trop, mais à force de lire de bonnes critiques je me laisserai bien tenter.

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