Les tribulations d’un breton errant de Corinne Roche

Synopsis :

Benjamin Poullaouec est breton, comme son nom l’indique. Vingt-cinq ans, sa maîtrise d’anglais en poche, il obtient un poste de prof, trouve un appartement, range son sac de baroudeur et dit adieu à ses rêves de voyage autour du monde. Il s’apprête à devenir un type normal. Alors pourquoi part-il en Israël ? Pourquoi s’invente-t-il un grand-père juif ? Le sien jouait de l’harmonium tous les dimanches à l’église de Trémadec. Emporté par son élan de liberté, Benjamin, devenu Benny Polak, va trouver sa voie, à 3 000 kilomètres de chez lui, dans un Proche-Orient déchiré.

Mon avis :

Cette histoire peu commune, m’a inspiré par son titre… Oui, ayant des origines bretonnes très ancrées, amoureux de la Bretagne bien que vivant en région parisienne, j’aspire à visiter le monde entier, voir la nature dans toutes ses couleurs, voir les peuples, leurs cultures, dans tous leurs états, bref, voyager et profiter de la diversité de l’être humain pour me nourrir de belles rencontres et de grands espaces…

Benjamin, qui s’apprête à devenir prof, quitte sa Bretagne natale, où il laisse sa soeur, mariée à un homme insipide et ayant une très haute estime de lui-même, et son père, sous terre depuis 10 ans suite à une vie de débauche l’ayant conduit à abandonner son fils, du moins son éducation, le laissant voler de ses propres ailes bien trop tôt, dès 10 ans…

Benjamin quitte donc sa Bretagne sur un coup de tête, attiré comme jamais par l’Israël et sa culture. Il rejoint un kibboust après d’âpres négociations, et ressent le besoin d’être accepté au plus vite et se fait donc passer pour un jeune homme en quête de sa spiritualité et de ses racines, venant de son grand-père qu’il présente comme étant juif… Il construit ses nouvelles relations autour de ce mensonge mais se rend compte très rapidement qu’il va être très difficile de le garder intact face à des puristes… il apprend peu à peu ce que c’est d’être juif pratiquant, les concessions qu’il faut faire, qui sont des concessions selon lui, ce que c’est d’être arabe et de vivre avec un risque énorme de mourir dans un attentat dans une rue de Jérusalem, ce que c’est d’être l’un ou l’autre qui en pâtissent des décisions politiques et d’une minorité qui souhaite la destruction des « autres »…

Ainsi, Benjamin, qui ressent un véritable amour pour la terre de Jérusalem, souhaite rester pour comprendre qui il est et pour trouver son équilibre spirituel. Bien qu’athée, il se nourrit des croyances de chacun pour tracer sa propre route, sans pour autant croire en qui que ce soit… La seule chose en qui il croit, c’est en lui et en ses décisions. Il est là pour une seule et unique chose, mieux se connaître et savoir ce qu’il veut faire de sa vie…

Ce roman-voyage m’a permis d’en apprendre beaucoup sur la culture israélienne, ses coutumes, que j’ignorais presque totalement, mais également sur les relations humaines partagées entre israéliens et palestiniens, bien plus pures qu’on peut le croire avec l’image que véhicule les médias… Le personnage de Benjamin est très attachant et son insolence liée à son athéisme est parfois drôle, parfois choquante, parfois risquée, dans tous les cas ce jeune homme a le mérite d’aller au bout de ses rêves et parvient à affirmer ses convictions, et c’est là la force de ce roman. Car peu importe comment on est, on trouvera sa place à force de courage et de détermination…

Aller au bout des choses, vivre à fond ses rêves, c’est ce que je retiens de ce roman, et c’est ce que je vais faire le plus vite possible…!

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La femme en vert d’Arnaldur Indridason

Synopsis :

Dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange… Un os humain ! Enterré sur cette colline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d’indices au commissaire Erlendur. L’enquête remonte jusqu’à la famille qui vivait là pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant au jour les traces effacées par la neige, les cris étouffés sous la glace d’une Islande sombre et fantomatique…

Mon avis :

Ayant lu en septembre dernier le premier livre de cet auteur La cité des jarres et vu a quel point je l’avais apprécié, j’avais très envie de me plonger de nouveau dans son univers. Cela n’a rien d’étonnant lorsqu’on commence a me connaitre et qu’on sait que j’ai été profondément touché par mon voyage en Islande l’été dernier… Oui, en fait, c’est toujours un prétexte pour y retourner au moins par la lecture et en connaître un peu plus sur les lieux et l’histoire islandaise!

C’est donc avec un grand plaisir que j’ai lu ce deuxième livre narrant les enquêtes du commissaire Erlendur, personnage renfermé et mystique, divorcé, père de deux enfants instables qui, devenus adultes, ont sombré du côté obscur de Reykjavik, ce qui n’a rien arrangé sur la vision sombre de la vie par Erlendur…

Ce livre est l’occasion pour Erlendur de tenter d’identifier le squelette de « l’homme de Thusold », découvert par une mère de famille par l’intermédiaire de son bébé qui avait trouvé comme jouet un os a mordiller… Ragoûtant non?

Comme dans son premier roman, Indridason garde ce style spontané et direct qui semble lui être propre, il ne fait pas de détours et c’est ce qui nous permet de nous immiscer dans l’intimité de la vie d’une famille islandaise atypique vivant pendant la seconde guerre mondiale…

Ainsi, le roman oscille entre l’enquête en cours, le récit cru et douloureux de la vie d’une famille connaissant la répression et la violence physique et psychologique inouïes d’un père de famille envers sa femme, et la solitude d’Erlendur face a sa fille Eva Lind, droguée, alcoolique et enceinte, plongée dans le coma suite a une énième overdose…

Au fil du roman, on en apprend un peu plus sur les caractéristiques des ossements retrouvés, sur leur probable origine, et jusque dans les dernières pages, on a des doutes sur son identité. Du côté historique, on apprend sur la façon dont l’Islande s’est retrouvée sous l’aile (ou l’emprise…) des anglais puis des américains lors de la seconde guerre mondiale et surtout sur la façon dont ces deux nations ont façonné et bouleversé l’avenir du pays qui est aujourd’hui très américanisé, notamment dans la nourriture… Cela m’a réellement permis de comprendre un peu mieux l’Islande actuelle et de répondre a certaines des questions que je m’étais posées, notamment quant a la différence entre la vie à Reykjavik et le reste du pays… Enfin, ce livre est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le passé d’Erlendur et sur les raisons de  son attitude noire et négative… un secret peut en cacher un autre…

Ce livre est un vrai coup de coeur, je l’ai même préféré à La cité des Jarres, je l’ai peut être trouvé plus proche de la réalité par l’immersion dans une famille… Je vous le conseille donc vivement si vous voulez découvrir la littérature nordique!

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Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir… de J. Heska

… ou la naissance du mouvement qui changea le monde

Synopsis :

Je m’appelle Jérôme et je ne suis pas quelqu’un de populaire. Invisible pour mon entourage, insipide pour mes collègues, insignifiant pour ma petite amie. Un jour, je suis tombé sur un article dans un magazine bon marché censé m’aider à régler un certain nombre de problèmes dans ma vie. Ca m’a amené un peu plus loin que prévu … Ah oui, le « un peu plus loin », c’est devenir le chef de file involontaire d’un mouvement philosophique qui a révolutionné le monde.

Mon avis :

Lorsque Livraddict a proposé ce livre en partenariat, j’ai été très vite intrigué par l’histoire, qui me semblait sortir complètement des sentiers battus et j’avais la sensation que cet auteur voulait sincèrement faire réfléchir les gens, sans détours…

J’ai donc été très heureux de pouvoir participer à ce partenariat, joie amplifiée par une gentille dédicace personnalisée de l’auteur dans l’exemplaire reçu (qui a fait un jeu de mots avec le nom de mon blog, touche très sympa!) et qui m’a fait démarrer le roman dans les meilleures conditions.

Le roman est donc centré sur Jérôme, un jeune homme lyonnais ordinaire, qui vit seul dans son appartement, qui a un travail et une petite amie… A première vue, nous connaissons tous des gens comme lui. Seulement, on se rend compte très vite que Jérôme a un gros problème : il est extrêmement timide (à un point maladif), il manque de confiance en lui et surtout, il est TROP gentil dans toutes ses actions et toutes ses réactions face à ses collègues, sa famille ou sa pseudo copine… c’est à dire qu’il n’écraserait pas un grain de sable sur une plage s’il le pouvait! Des gens aussi purs et aussi gentils, on en connaît tout de même peu, même si l’on peut se reconnaître dans certains de ses traits de caractères (en tout cas les gens frôlant la perfection comme moi, héhé).

ATTENTION! Je tiens à préciser que les personnes ayant un mauvais fond (et j’en connais, enfin j’en ai connu et j’ai réussi à appuyer sur le bouton EXIT de ma vie) ne se reconnaîtront pas dans ce personnage et dans ce roman. Sa lecture comporte donc un risque car ils ne comprendront même pas son message, je leur propose donc de s’arrêter très vite dans cet article. 

Ahhh, enfin seuls, entre gentils… Maintenant que nous sommes débarrassés des méchants (on n’est jamais trop prudent!), reprenons!

Nous suivons donc Jérôme dans sa vie quotidienne, dictée par son travail où il lutte pour ne ne pas faire attention au regard des autres lorsqu’il doit traverser l’open space entier pour entrer dans son bureau. Jérôme tente par tous les moyens de se forcer à s’intégrer et à se faire des amis, en vain. Son problème, c’est que les amis ne le veulent pas. Etienne, son seul ami, et par la même le seul collègue de travail qui lui adresse la parole, est l’antistar par excellence : fan absolu de Star Wars, il a une petite amie imaginaire nommée Princesse Léia et vit dans son monde qui lui permet de croire que son charme opère petit à petit sur ses collègues du sexe opposé et qu’il finira par trouver sa moitié grâce à ses atouts…

Un jour, lassé de son impopularité, de sa solitude au travail, des vannes sans fin de ses collègues sur son attitude, son apparence et ses airs de Gaston Lagafe ou de Calimero,  Jérôme décide de mettre en pratique une expérience imparable : appliquer étape après étape les conseils d’un article de magazine féminin sur l’acceptation de soi et l’apprentissage de la confiance en soi… Ses différentes tentatives vaines lui font petit à petit ouvrir les yeux sur une chose primordiale : le problème ne vient pas de lui, mais des autres! Il est tout simplement trop gentil et se laisse marcher sur les pieds, il sert de souffre douleur et n’intéresse pas ses différents collègues ni sa petite amie qui le martyrisent et qui exercent un pouvoir de domination sur lui qu’il ne parvient pas à dépasser.

Mais l’heure de la révolution a sonné, et avec Etienne, suivie rapidement d’Isa et d’un groupe de personnes décidées à reprendre leur vie en main et à faire payer les méchants et les rageux de ce monde, Jérôme se donne une mission : faire prendre conscience aux méchants que leurs actes sont inadmissibles et gratuits et qu’ils devraient y réfléchir à deux fois. Seulement, Jérôme est vite dépassé par les évènements et le mouvement prend une ampleur phénoménale qui lui fait peur et qui ne ressemble pas à ce à quoi il aspirait. Il décide donc se retirer et de reprendre une vie normale, d’e s’éloigner de ce « combat » qui devient trop virulent à son goût… mais les gentils nouvellement rebelles ainsi que les méchants (peut être métamorphosés) ne l’entendent pas de cette oreille… Il n’a plus le choix, sa vie va désormais changer… comment? vous le saurez en lisant ce livre!

Ce livre a été pour moi un vrai coup de coeur. Tous les ingrédients étaients réunis : un sujet intéressant et qui fait réfléchir sur notre attitude de tous les jours, beaucoup d’autodérision de la part du narrateur qui le rend drôle et attachant. On a tout le temps envie de l’aider, de le soutenir, et je me suis très souvent identifié à lui, en ce qui concerne ma vision des autres et mon exaspération sur l’attitude d’un certain nombre de personnes qui nous entourent! J’ai adoré les débuts de chaque chapitre, fait de « La vie c’est comme… », qui résumait bien l’état d’esprit du narrateur et surtout qui donnait beaucoup de vie au roman! J’ai adoré les passages d »expériences humiliantes » qui étaient toujours très drôles ou fracassantes. J’ai vraiment passé un très bon moment avec ce livre, et plus je le lisais, plus j’espérais être dans la vraie vie pour pouvoir moi aussi joindre le mouvement !!

Chapeau donc à J. Heska qui réussit pour moi un superbe roman frais, facile à lire et drôle, tout en traitant un sujet important de la société : le respect d’autrui est le meilleur moyen de vivre heureux.

Merci Livraddict et J. Heska de m’avoir offert ce livre, je ne manquerai pas d’en parler autour de moi, vous méritez d’être connu par le plus grand monde. Je suivrai désormais vos aventures à travers votre blog, et je vais de ce pas me procurer votre deuxième roman On ne peut pas lutter contre le système.

Extraits choisis :

« La vie c’est comme une pomme. On croque dedans à pleines dents au début, mais à la fin il n’y a que des pépins. »

« La vie c’est comme la constipation. On attend des choses, mais souvent, rien ne vient. »

« La vie c’est comme une grande tartine de merde. On en mange tous les jours un bout. »

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La guerre olympique de Pierre Pelot

Synopsis : 

Comment concilier la paix mondiale, le chauvinisme, le contrôle de la démographie, la lutte contre la délinquance et l’amour du sport ? C’est simple… Tous les deux ans sera déclarée la guerre olympique. Des épreuves mortelles où tous les coups sont permis. Pénalité des vaincus ? Dix millions de morts dans leur camp, choisi parmi des déviants dont le cerveau est piégé à l’aide d’une mini-bombe. Quelle belle invention ! Pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?

Mon avis :

Au début du roman, j’ai eu un peu peur qu’il ne s’agisse que de la succession de descriptions de combats sanglants… fort heureusement, il ne s’agit en fait que du premier chapitre, mais les pages s’enchaînent avec un tel acharnement que cela a suffit à me faire éprouver une vraie sensation de malaise… le combat est décrit d’une façon tellement précise et proche des athlètes, que l’on a hâte que tout s’arrête très vite.

Nous sommes donc en 2222. Le monde entier vit enfin en paix, tous les peuples semblent s’accepter et vivre en harmonie, tout du moins c’est ce que les gouvernements laissent transparaître. Mais pour que cette paix soit perpétuelle entre les pays du camp BLANC, les capitalistes, et les pays du camp ROUGE, les socialo-communistes, un évènement majeur a lieu tous les deux ans. Il s’agit de la guerre olympique. Et lorsque je lis ça, je me dis que l’auteur est sacrément « culotté » d’avoir osé faire un livre avec deux notions antagonistes dont la portée est aussi profonde en ce qui concerne l’humanité…

Nous assistons à la douzième guerre olympique. D’anciens membres des forces de l’ordre de chaque état, reconvertis en sportifs suite à l’instauration de la paix mondiale, vont s’y affronter dans de multiples épreuves, pour la plupart organisées en duel, dont la finalité est simplé : un seul vainqueur possible dans chaque épreuve.

En parallèle, les pays désignent chaque année des condamnés (l’idée des condamnés-coupables et des condamnés-innocents n’est pas sans rappeler la seconde guerre mondiale…) susceptibles d’être sacrifiés lors de la guerre olympique. Le principe est simple : dès qu’un sportif d’un camp perd une épreuve , la sentence est sans appel, des milliers de condamnés sont supprimés au hasard (pas tant au hasard que ça, car ils semblent être classés selon un ordre de gravité de leur « crime »!) à l’aide d’une micro-bombe à retardement implantée dans leur cerveau… Le paradoxe est poussé à l’extrême dans ce livre, la micro-bombe étant nommée l’ange-gardien! (bah oui, elle rappelle à l’ordre le condamné dès lors qu’il se rebelle, en lui envoyant une décharge électrique, le tout pour son bien et lui permettre de vivre en restant dans le droit chemin…). Autant dire donc que pour vivre en paix, les gouvernements y mettent les moyens, disons, radicaux… Cela ne fait qu’amplifier le sentiment de puissance indestructible que dégage le gouvernement et ne fait qu’amplifier la sensation de dictature déguisée en paix mondiale, alors que la domination et l’emprise des états sur leurs citoyens n’a jamais été aussi virulente…

Lorsque l’ensemble des épreuves ont été disputées, reste la plus prestigieuse d’entre elles : le Grand Parcours, qui réunit l’ensemble des gagnants des épreuves précédentes. Le gagnant de cette épreuve, lorsqu’il sera allé littéralement au bout de ses forces et qu’il aura réussi à braver toutes les embûches du parcours, dont des tentatives de meurtre (pour de l’olympisme, on repassera…), permettra aux condamnés restants dans son camp d’être grâciés. Quant à l’autre camp, le sort est terrible : après avoir espéré s’en sortir en étant passé entre les mailles du filet à chaque épreuve, l’ensemble des condamnés ont un avenir bien plus sombre… Cette pression éprouvée par les condamnés tout au long de la Guerre Olympique, l’auteur réussit à nous la faire ressentir tout au long du livre en nous faisant suivre le quotidien de deux condamnés, un dans chaque camp, et en recentrant l’histoire sur eux à chaque victoire ou défaite de l’un des deux camps dans chacune des épreuves, si bien qu’on a l’impression d’avoir soi-même l’épée de Damoclès sur la tête

J’ai vraiment trouvé audacieux de la part de l’auteur de nous proposer un monde où le sport est pratiqué par des athlètes bodybuildés, surdopés, ayant leur dopeur attitré, et n’ayant pas la faculté de penser à autre chose qu’à leur victoire coûte que coûte, à la vie, à la mort… tous ces attributs totalement incompatibles avec l’esprit olympique que nous connaissons. J’ai vraiment été abasourdi par les capacités intellectuelles réduites de Pietro, le sportif phare du livre : une véritable machine à tuer puis à gagner, jusqu’à ce qu’il soit tué lui-même, qui sait, et qui ne pense à rien d’autre qu’à la victoire, coûte que coûte… Ce personnage m’a fait de la peine, j’éprouvais un peu de pitié pour lui…

Les passages sur les condamnés doutant de leur sort tout au long de la Guerre Olympique étaient vraiment intenses, ce que j’ai beaucoup apprécié, car on en apprenait beaucoup sur la main mise des gouvernements sur leurs sujets mais aussi sur les réactions qu’on peut avoir lorsqu’on se sait condamné et que la mort est plus proche que jamais…

Deux autres personnages ont enfin retenu mon attention : Virginia, la petite amie de Pietro, et Slim, la journaliste qui suit Yanni Boy (condamné du camp blanc) durant la guerre olympique. Malgré tout leur intérêt, le fait qu’un trop grand mystère reste à propos de ces deux personnages clés, qui auraient mérité d’être plus développés, ont fait que ce livre n’a pas été un coup de coeur, malgré une idée de départ très intéressante et un ensemble bien ficelé et effrayant. Cela aurait en effet pu, selon moi, apporter une consistance et une profondeur à la hauteur des sujets évoqués et développés.

Une bonne lecture donc, avec de très bonnes idées, qui m’a beaucoup fait réfléchir sur l’espèce humaine et sur la façon dont nous pouvons être manipulés, mais qui m’a cependant laissé sur ma faim

Merci à Livraddict et Folio SF pour ce partenariat, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu ce style de livre.

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Les yeux au ciel de Karine Reysset

Synopsis :

Six jours d’arrivées, de fête, de départs dans une famille « recomposée », comme le sont tant d’autres, à l’occasion de l’anniversaire du grand-père. Cette fête familiale est naturellement l’occasion de révéler des secrets, de revenir sur les vieilles trahisons et les anciennes injustices mais aussi, finalement, de retisser les liens, toujours obscurs, qui unissent les membres d’une même famille. Lena, la soeur aînée voudrait ouvrir le chemin de la réconciliation mais se heurte aux histoires passées et présentes, celle d’Achille, le demi-frère mal aimé, de Merlin qui, malgré son âge, est toujours considéré comme un enfant, mais aussi de Stella, la cadette, avec, au milieu d’eux, tous ces petits-enfants qui désordonnent le cours des choses…L’originalité de ce roman réside dans la place faite au lecteur. Convié lui aussi à pénétrer la grande demeure bretonne qui regorge de souvenirs et de recoins interdits, à suivre les enfants et leurs querelles sur la plage, à entendre les confidences et indiscrétions des adultes, il est amené de chapitre en chapitre à reconstituer les faits et gestes de chacun et à découvrir l’origine du mal-être, un drame qui a eu lieu trente ans auparavant et qui n’a jamais cessé d’alimenter leurs angoisses. Ce roman familial explore avec brio les effets de la confrontation : celle des personnages entre eux, mais aussi celle du passé et du présent, des espoirs et de la réalité.


J’ai eu la chance de découvrir ce roman grâce au partenariat organisé entre les éditions Points et Livraddict et je les en remercie!

Mon avis :

Tout commence par l’annonce de la mort de Michael Jackson. Le « roi de la pop » nous a quitté. Cette personnalité mystique que peu de gens ont réussi à véritablement cerner de son vivant et qui vivait peut-être dans un univers parallèle… ce n’est que mon avis bien sûr!

L’histoire nous plonge dans une grande maison familiale en Bretagne où doit se dérouler l’anniversaire de Noé, le « papé » de 70 ans déjà! Marianne, sa femme, a pour l’occasion décidé d’organiser une fête réunissant toute la famille, enfants, conjoints et petits-enfants. Cela fait tellement longtemps qu’ils ne se sont pas vu… Chacun vit sa vie aux quatre coins de la France et du monde qu’ils ne prennent plus le temps de se soucier de leurs proches… Triste réalité de la vie qui file à cent à l’heure et qui ne nous permet pas toujours de profiter des gens qi’on aimé autant qu’on le voudrait… faisons le tant qu’il est encore temps!

Chacun arrive à son heure, ressentant cette réunion de famille de manière différente mais toujours avec la même appréhension, la peur et la tristesse de retrouver cette grande maison après tant d’années et surtout après le drame qui s’y est produit trente ans plus tôt… Ce drame, c’est le fil conducteur de ce roman qui nous fait vivre, à travers les visions de tous, la façon dont il a influencé leur vie : Achille, le fils du premier mariage de Noé et qui s’est toujours senti rejeté par Marianne, Lena, Merlin et Stella, les trois enfants issus de l’union entre Noé et Marianne, mais aussi Scarlett, fille de Merlin mais élevée depuis des années par ses grands-parents, son père n’ayant jamais réussi à se stabiliser…

Tous ont vécu le drame, la disparition de Violette, le troisième enfant de Noé et Marianne (dans l’ordre de naissance), et tous ont cherché à l’enfouir au plus profond d’eux-mêmes… Mais ce retour aux sources va être plus poignant que ce qu’ils redoutaient tous, car il va donner un tournant décisif à la vie de tous…

A travers ce roman, l’auteur nous immisce dans l’intimité d’une famille touchée par un drame survenu très tôt (la mort de l’enfant chéri) et nous fait ressentir des émotions contradictoires avec le bonheur de se retrouver tous ensemble, très vite suivi et remplacé par la tristesse et la fatalité des souvenirs d’enfances tragiques…

Toute cette histoire profondément émouvante, car pouvant arrivr à tout un chacun, apporte une note d’espoir à tous ceux qui n’ont pas su agir comme ils le souhaitaient et n’ont pas su montrer leur amour aussi fort que ce qu’ils l’éprouvaient…. Il n’est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu. Nous faisons tous des erreurs mais nous pouvons très souvent les réparer, il faut juste admettre et accepter le partage de la peine pour se guérir ensemble.

Bref, ce fut une très belle découverte de cet auteure, un très beau livre qui porte très bien son nom, tant chaque personnage accorde de l’importance au ciel dans son discours, lorsqu’il repense à son enfance ou lorsqu’il aspire à un avenir plus serein…

L’immensité du ciel permet parfois de s’évader et de voir loin pour trouver la force de s’en sortir…

 

 

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L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle

Synopsis :

Imaginez…
Vous êtes en vacances à Bali et, peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où…
Son diagnostic est formel : vous êtes en bonne santé, mais vous n’êtes pas heureux.
Porteur d’une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L’éclairage très particulier qu’il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l’aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi. Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d’une existence à la hauteur de vos rêves.
Avec L’homme qui voulait être heureux, c’est tout un monde de possibilités nouvelles qui s’ouvre à nous à la lecture de cette histoire passionnante, où l’on découvre comment se libérer de ce qui nous empêche d’être vraiment heureux.

Mon avis :

Après quelques pages déjà, j’avais hâte qu’on me fasse un massage des pieds pour savoir si ce doigt dont il parle était douleureux… Ce qui l’ont lu comprendront 😉

Ensuite, le premier tiers, après un début prometteur, m’a un peu ennuyé, peut être trop de « blabla » pour moi, fait de vérités générales… Bon, je me suis alors dit que je n’aurais pas du mettre autant d’espoir dans ce livre, car je trouvais que finalement il n’avait rien d’exceptionnel!

Puis, le moment tant attendu est arrivé. La compréhension de là où voulait nous emmener l’auteur m’a conduit à un sentiment de fascination de ce qui était décrit et à la volonté d’aller beaucoup plus loin dans l’histoire, et vite…

Au-delà de ces vacances à Bali qu’il nous décrit, et où j’ai notamment pris note d’un cocktail apparemment typique, mélange chocolat-avocat (plus d’infos quand je l’aurais fait!), il y a la prise de conscience d’un être sur le fait que ce sont SA vision de la vie, SON jugement des autres et le jugement des autres sur LUI qui le conduisent à avoir la vie qu’il a. Et comment faire pour changer cette vie qui ne lui convient pas, mais dans laquelle il se complaît car elle limite les décisions importantes et les prises de risques? Il faut peut être tout simplement admettre que ce sont nos propres croyances qui nous façonnent et que ce sont ces croyances qu’il va falloir faire évoluer en s’ouvrant plus aux autres, en étant moins méfiant, en redoutant moins leur avis, afin de mener à bien cette vie dont nous rêvons depuis toujours.

L’auteur corrobore, à travers ce dialogue entre le touriste occidental et le sage bouddhiste, cette vision, par la description de faits aussi étonnants qu’invraisemblables, notamment lorsqu’il parle d’expoériences scientifiques montrant que la prescription de placebos en lieu et places de médicaments prescrits pour des maladies sérieuses, pouvait, en étant présentés comme des médicaments révolutionnaires, non pas guérir les patients, mais au moins améliorer grandement leur état… Point sur lequel j’aimerais creuser pour savoir si ce genre d’étude a bien été réalisée…

Bref, c’est donc pour conclure un superbe livre qui prône la croyance en ses rêves les plus fous, la confiance en soi, la seule personne nous limitant dans notre réussite étant nous-même.

Alors, osons et vivons la vie que nous souhaitons vivre!

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Les mondes d’Ewilan – T.1 – La forêt des captifs

Synopsis : Prisonnière de « l’Institution » – un endroit où des chercheurs dévoyés testent les facultés extrasensorielles de cobayes humains –, Ewilan subit les tortures de la Sentinelle félonne Eléa Ril’ Morienval. Incapable de regagner les Spires, elle réussit à s’échapper grâce à Salim et Maniel dont le sacrifice lui assure la vie sauve. Au cœur des Causses, Salim et Ewilan trouvent refuge chez le vieux berger Maximilien avant de repartir délivrer les autres enfants captifs et livrer une bataille sans merci contre Eléa Ril’ Morienval et les Ts’liches, aidés de leurs anciens alliés. Ewilan parviendra-t-elle à effectuer le grand pas pour retourner en Gwendalavir ?


Mon avis :

Ce tome nous replonge directement en Gwendalavir, où toute la troupe accompagnant Ewilan dans sa quête l’attend afin de poursuivre la route vers la libération des Sentinelles, synonyme de libération de l’Empire de l’emprise des Ts’liches.

Ewilan, qui devait retourner dans notre monde afin de demander de l’aide à son frère de sang Akiro (duquel elle a été séparée lors de son arrivée dans le monde réel), plus âgé qu’elle et donc sensé maîtriser de façon plus poussée le Don du Dessin, revient en Gwendalavir sans lui. La raison?? Il semble finalement n’avoir aucun don, au grand étonnement du sage Duom Nil’Erg et d’Ewin Til Illan, soldat de l’Empire.

C’est donc accompagnée de Salim et de toute la troupe, qui se remplit peu à peu de membres différents telle que la jeune marchombre Ellana (apparue dès le 1er tome) ou encore un Faël, issu d’une autre tribu, qu’Ewilan parcourt différents paysages et affrontent de nombreux ennemis pour rejoindre les frontières de glace où elle doit tenter de libérer les sentinelles. On est alors plongé dans les différentes régions de l’Empire, où l’on voyage tant par les paysages que par les gens rencontrés. On est notamment intrigué par la force « obscure » que dégage Ellana ainsi que par ses moeurs ou ceux d’autres peuples tels que les Faëls… On a envie d’en savoir plus sur leurs pratiques et leurs dons respectifs!

Arrivée aux frontières de glace, Ewilan dompte le dragon et découvre sa Dame. C’est l’un des moments les plus magiques de ce tome. Il nous transporte dans les Spires (au sein de l’Imagination) et nous transcende par la liaison aussi inconcevable que majestueuse entre un dragon et sa Dame qui n’est autre qu’une…baleine!

Ce tome, bien que moins puissant par ses péripéties, l’est tout autant voir plus par l’ampleur que prend le récit, plus profond et plus précis que dans le premier tome. On entre cette fois-ci dans un véritable monde où chaque être et chaque chose lui est propre. C’est vraiment magique et on aimerait tant que cette Imagination et ce don du dessin existent dans notre monde pour embellir notre quotidien!!

Un tome 2 plus profond que le premier tome donc, selon moi, et qui donne bien évidemment envie de savoir comment Ewilan va s’en sortir pour libérer ses parents!

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